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Yann Kho : « L’intelligence artificielle est un copilote décisionnel exceptionnel »
Pharmacien titulaire de la Pharmacie Louvre Victoire à Paris et membre du Club des Ambassadeurs de PharmagoraPlus, Yann Kho s’intéresse à l’intelligence artificielle depuis plusieurs années. Titulaire d’un doctorat en pharmacie, il a consacré dès 2019 sa thèse d’exercice au deep learning appliqué à la santé, bien avant l’essor récent de ces technologies.
« Je me suis passionné pour l’intelligence artificielle, et plus particulièrement pour le deep learning, bien avant la vague récente. Cette immersion précoce m’a permis de comprendre que la technologie deviendrait un levier extraordinaire pour traiter la donnée et moderniser à la fois le soin et la gestion de l’entreprise à l’officine », explique-t-il.
Aujourd’hui, Yann Kho utilise l’intelligence artificielle sur deux volets complémentaires. Sur le plan clinique, elle accompagne les patients et facilite la réalisation des bilans de prévention grâce à des applications dédiées. Sur le plan administratif et organisationnel, elle intervient dans l’analyse des factures fournisseurs, la rédaction de courriels et de courriers administratifs, la gestion des plannings ainsi que la création d’affiches et de vidéos promotionnelles diffusées sur les écrans de la pharmacie.
« Je l’utilise sur deux volets : côté clinique, pour l’accompagnement des patients et les bilans de prévention via une application intégrant de l’IA ; côté gestion, pour l’analyse des factures, la rédaction de courriers, la gestion des plannings et la création de supports de communication », précise-t-il.
Parmi les tâches les plus chronophages, l’intelligence artificielle permet notamment de trier et de résumer les nombreux courriels reçus chaque jour, d’analyser les factures et de rédiger les comptes rendus de bilans de prévention.
« La lecture et le tri des dizaines de mails quotidiens, l’épluchage des factures et la rédaction des comptes rendus de bilans de prévention me font gagner plusieurs heures par semaine », indique Yann Kho.
L’outil contribue également à simplifier la gestion de l’équipe. Connecté à l’agenda de la pharmacie, Gemini Pro peut, à partir d’une simple instruction, fournir un récapitulatif des heures supplémentaires, des congés et des plannings. Ces informations peuvent ensuite être transmises au comptable afin de préparer les éléments nécessaires à l’édition des bulletins de paie, sans devoir rechercher manuellement les données salarié par salarié ou compléter un fichier Excel.
« Mon Gemini Pro est connecté à l’agenda de la pharmacie. En un prompt, je peux obtenir le détail des heures supplémentaires du mois, des congés et de l’organisation des absences. Ce compte rendu est ensuite envoyé à mon comptable pour préparer les bulletins de paie, sans avoir à rechercher les informations ou à remplir un fichier Excel pour chaque salarié », explique-t-il.
Deux outils illustrent particulièrement cette complémentarité entre soin et gestion. Côté patient, la plateforme Ygie.eu permet d’automatiser la synthèse des bilans de prévention et de générer directement un plan d’action personnalisé. Côté organisation, le couplage entre Google Workspace et Gemini Pro facilite le tri et la synthèse des courriels, l’analyse des emplois du temps et la préparation des communications mensuelles liées aux fiches de paie.
« Je retiendrais deux outils complémentaires. Côté soin, Ygie.eu automatise la synthèse des bilans de prévention et génère le plan d’action du patient en direct. Côté gestion, le couplage entre Google Workspace et Gemini Pro trie et résume les e-mails, prépare une synthèse des emplois du temps et rédige les communications mensuelles pour les fiches de paie. Je n’ai plus qu’à cliquer sur “Envoyer” après vérification », souligne Yann Kho.
L’impact sur la productivité est important. En prenant en charge une partie des tâches administratives répétitives, l’intelligence artificielle libère du temps qui peut être consacré à l’activité médicale et à l’accompagnement des patients.
« L’impact est majeur. L’IA me libère du temps médical et permet de réduire les tâches administratives chronophages. La rentabilité provient notamment de la possibilité de réaliser davantage de prestations de santé au comptoir », affirme-t-il.
Pour Yann Kho, l’intelligence artificielle constitue un véritable copilote pour le pharmacien, aussi bien dans la recherche d’informations que dans l’automatisation des tâches.
« L’IA est un copilote décisionnel exceptionnel. D’une part, les modèles de langage permettent de répondre à de nombreuses interrogations ; d’autre part, le couplage de l’IA avec l’automatisation simplifie considérablement les tâches quotidiennes. Les possibilités sont infinies », estime-t-il.
Cette utilisation doit toutefois s’accompagner de précautions. L’intelligence artificielle ne doit jamais remplacer le jugement du professionnel de santé.
« L’IA doit rester un outil de pré-traitement, jamais le décideur final. Le principal risque est l’hallucination ou l’erreur d’interprétation si les modèles ne sont pas correctement cadrés. Il faut systématiquement repasser derrière l’outil pour valider les chiffres comme les conseils de santé », rappelle Yann Kho.
La fiabilité repose ainsi sur le principe du « pharmacien dans la boucle ». Chaque document, facture analysée ou bilan patient doit être relu et validé. La confidentialité constitue également une priorité : les données doivent être anonymisées ou pseudonymisées, le Règlement général sur la protection des données doit être respecté et les informations de santé doivent être traitées dans des environnements sécurisés et certifiés HDS, c’est-à-dire des environnements d’hébergement de données de santé.
Aux pharmaciens souhaitant se lancer, Yann Kho recommande de commencer par automatiser les tâches qui peuvent l’être, en se rapprochant notamment de leur logiciel de gestion d’officine.
« Avant de s’attaquer à l’IA, je conseillerais d’abord aux pharmaciens d’automatiser tout ce qui peut l’être et de se rapprocher de leur logiciel de gestion d’officine. Ils peuvent ensuite utiliser des outils intégrant directement l’intelligence artificielle afin de faciliter les nouvelles missions qui leur sont confiées, comme les bilans de prévention », conclut-il.
L’objectif n’est donc pas de remplacer l’expertise du pharmacien, mais de lui permettre de consacrer davantage de temps à ce qui fait le cœur de son métier : le conseil, la prévention et l’accompagnement des patients.






















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