Blog de PharmagoraPlus
Pharmacie d’officine en 2026 : entre pressions économiques et nouvelles opportunités de santé de proximité
Après une année marquée par les tensions économiques et les mobilisations de la profession, la pharmacie d’officine aborde 2026 dans un contexte à la fois incertain et porteur de transformations majeures. Évolution du modèle économique, renforcement du rôle du pharmacien dans le premier recours, mutations réglementaires et nouvelles attentes des patients : autant de défis qui dessinent aussi de réelles opportunités pour les officines capables de se projeter. Luc Besançon, Délégué général de NèreS, partage sa lecture des enjeux à venir et sa vision de l’officine de demain.
Agnes Jacobs : Après un été marqué par les tensions et les mobilisations, l’automne s’est ouvert sur un paysage contrasté pour la pharmacie d’officine. L’année 2026 aussi annonce des incertitudes, mais aussi des avancées et opportunités. Quelles sont vos prédictions et espérances pour la pharmacie d’officine en 2026 ?
Luc Besançon : Je vois plusieurs changements. À priori, les conditions économiques de l’officine (notamment tirés par les coûts, notamment salariaux et un équilibre économique dégradé de l’Assurance maladie) continueront à se dégrader. Cela te traduira par une profitabilité des pharmacies un peu en baisse. Pour contrer ses effets, quels sont les leviers à disposition des pharmaciens ?
Un des leviers - pas le seul - est de se demander si le marché du premier recours, c’est-à-dire les achats de produits sans ordonnance, peut permettre au pharmacien de stabiliser, voire d’augmenter sa rentabilité, tout en répondant à l’attente des patients qui veulent une solution instantanée pour prévenir ou guérir ses problèmes de santé.
Côté positif : s’il a une vision et une stratégie claires pour sa pharmacie et son développement, ces défis pourront conduire à de nouvelles opportunités : le développement du service peut attirer plus régulièrement des patients dans l’officine - avec des achats associés ou d’opportunité. Ainsi si la pharmacie se positionne comme une véritable solution aux défis du système de santé et de son bassin de population, son avenir sera assuré.
AJ : Dans le contexte des réformes majeures de la législation pharmaceutique européenne et française actuellement en cours, quelles sont, selon vous, les évolutions réglementaires clés que NèreS défend et qui pourraient avoir l’impact le plus direct sur les pharmacies françaises dans les prochaines années ?
LB : Comme chaque année, la première évolution importante est d’augmenter la part de médicaments que les pharmaciens peuvent dispenser sans ordonnance : le délistage. C’est crucial, car ces produits répondent à un besoin du patient, renforcent le rôle du pharmacien dans le premier recours et, dans certains cas, apportent une rentabilité un peu plus importante.
Ensuite, il y a la question de faire en sorte que le rôle de l’officine en tant qu’acteur du premier recours, soit visible et pleinement reconnu. L’officine du futur sera un hub de santé pleinement intégré dans l’écosystème sanitaire et social de proximité… et son pendant économique à travers à la fois la convention mais aussi les autres sources de financement (locaux et régionaux, financement directement par le patient…).
Par ailleurs, enfin, le nouveau code de déontologie des pharmaciens apportera des changements dans l’écosystème de l’officine, autour notamment de la communication, de la publicité et des activités commerciales.
AJ : L’un des grands thèmes de PharmagoraPlus cette année est l’évolution du rôle du pharmacien – du simple dispensateur à un acteur pleinement intégré dans les parcours de soins. Comment NèreS accompagne-t-il le secteur de la pharmacie en France pour répondre aux attentes croissantes en matière de prévention, de vaccination et de prise en charge des maladies chroniques ?
LB : Nous parlons plutôt de parcours de santé que de parcours de soins, car le pharmacien ne fait pas que du soin : il fait aussi de la prévention, du bien-être, donc de la santé.
Notre enjeu est de faire en sorte que le premier recours en France se développe au même niveau que dans d’autres pays européens, où la pharmacie a un rôle encore plus important.
L’avenir de l’officine s’appuie selon nous sur deux piliers :
1. Une prise en charge du premier recours, qui repose sur la praticité, l’efficacité et le conseil.
2. Une prise en charge différente des patients chroniques, qui implique accompagnement, observance et motivation sur le long terme.
La prévention s’intègre dans ces deux temporalités : soit à l’occasion d’un besoin ponctuel, soit dans le cadre d’un suivi d’un patient chronique. Dans tous les cas, la prévention peut être un levier de fidélisation des patients - qu’ils soient jeunes, ponctuels, chroniques ou consommateurs.
Les attentes et les modalités d’accompagnement diffèrent selon le type de patients, ce qui impliquent parfois des compétences différentes. Nous travaillons à aider l’officine à répondre efficacement à ces deux dynamiques.
AJ : Finalement, à votre avis, pourquoi les pharmaciens devraient-ils assister à PharmagoraPlus 2026 ?
LB : Pharmagora, c’est un congrès majeur pour l’officine. C’est l’endroit où l’on peut être exposé à l’ensemble de l’écosystème : des prestataires aux groupements, jusqu’aux entreprises qui produisent ou commercialisent des produits via les officines.
C’est aussi l’occasion d’être enrichi par les conférences et ateliers, qui renforcent les compétences et nourrissent la réflexion de mes confrères pharmaciens.






























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