Blog de PharmagoraPlus
Endométriose : l’officine en première ligne contre l’errance diagnostique
PharmagoraPlus : Vous avez fondé le premier réseau national de pharmacies dont les équipes officinales sont formées à l’endométriose. Quels besoins non couverts vous ont initialement poussée à créer ce réseau, et comment les pharmacies d’officine peuvent-elles mieux se positionner comme actrices de première ligne auprès des femmes vivant avec l’endométriose ?
Lore-Anne Viénot-Trillou : Tout est parti du constat qu’aujourd’hui plus de 500 000 femmes en âge de procréer sont en errance diagnostique en France. Malgré la mise en place de la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, on voit une errance diagnostique de 10 ans en moyenne entre l’apparition des premiers symptômes et le diagnostic de l’endométriose (chiffre publié dans une thèse de recherche menée par Zélia Breton, chercheuse à l’INSERM, en 2025). Cette errance vient, entre autres, d’une méconnaissance de la maladie et de ses symptômes. C’est une maladie symptomatique dans 90% des cas donc les équipes officinales peuvent se positionner comme actrices de première ligne pour faciliter le repérage des signes évocateurs de la maladie, à condition qu’elles soient formées bien sûr.
PharmagoraPlus : Être lauréate du Prix de l’Ordre 2025 constitue une reconnaissance majeure de la profession. Que représente cette distinction pour vous personnellement et quel message envoie-t-elle, selon vous, sur l’évolution du rôle du pharmacien dans la santé des femmes ?
Lore-Anne Viénot-Trillou : J’ai été très touchée que ce travail de repérage/orientation ait été valorisé par le prix de l’Ordre. Comme tout travail entrepreneurial, vous avez des moments où votre projet avance plus ou moins bien et recevoir cette distinction est pour moi, une source de motivation supplémentaire pour avancer même quand ça marche moins bien. Il m'a confortée dans l'idée que l'officine avait une vraie place à prendre pour contribuer à améliorer le parcours de soins de ces femmes.
Et oui pour moi, ce prix permet aussi, de montrer que notre métier est en pleine transformation. Que maintenant l’on prend en considération le comptoir comme un lieu possible de prise en soins alors qu’avant il n’y avait que la salle de confidentialité. Il contribue aussi à reconnaître les dysménorrhées intenses, associées à d’autres
symptômes comme potentiellement pathologiques et non plus comme des douleurs « normales » ou qui sont dans la tête.
PharmagoraPlus : Le titre de votre conférence lors de PharmagoraPlus est Endométriose à l’officine : 3 situations concrètes pour agir dès demain. Pour les équipes officinales souhaitant développer une expertise en endométriose, quelles seraient les premières étapes concrètes à mettre en place, en termes de formation, de coordination du parcours de soins et d’organisation de l’équipe ?
Lore-Anne Viénot-Trillou : Oui la première étape, c’est bien la formation. Se former au moins aux connaissances de base sur la maladie, sa prise en charge conventionnelle mais aussi bien comprendre l’articulation du parcours de soins des femmes atteintes d’endométriose. Quels professionnels de santé agissent ? Quand agissent-ils ? Et que font-ils ? Ça me paraît primordial pour se positionner dans ce parcours de soins. Avec EndoAct, l’équipe officinale peut agir à trois niveaux, repérer, orienter et accompagner et c’est ce que je leur propose à travers une formation de 12h selon trois modules de quatre heures, disponibles sur le site de Pharmaconsulting. Le premier module est un indispensable, il permet aussi de devenir une pharmacie partenaire du réseau EndoAct France. Le module 2, centré sur l’accompagnement de la patiente diagnostiquée et le module 3, concernant la prise en soins, micronutritionnel mais aussi à l’aide des outils dont nous disposons à la pharmacie comme la phytothérapie et l’aromathérapie, sont des modules indépendants.
PharmagoraPlus : Finalement, à votre avis, pourquoi les pharmaciens et les équipes officinales devraient-ils assister à PharmagoraPlus 2026 ?
Lore-Anne Viénot-Trillou : Ça va être la 3ème année que je participe à Pharmagora, c’est l’occasion de s’intéresser à des domaines que vous n’avez pas le temps d’explorer dans votre quotidien. De réfléchir autrement, d’entendre les expériences de chacun ou de voir d’autres outils à utiliser. C’est un salon très enrichissant. Et c’est toujours aussi l’occasion de croiser d’autres pharmaciens que vous n’avez pas vus depuis longtemps !
Lore-Anne Viénot-Trillou interviendra le 14 mars, 13h35-14h15, dans le théâtre Aires thérapeutiques.



































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